Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » ou, plus simplement, le Pacte de Marrakech, a fait l’objet d’une ratification par les Etats membres de l’ONU les 10 et 11 décembre de cette année.

Emmanuel Macron a engagé la France dans cet accord international aux conséquences non-négligeables.

A la lecture des motifs de ce texte, nous apprenons que « les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire » sans aucunement relativiser cette affirmation erronée laissant penser qu’il y aurait toujours eu dans le monde des mouvements de migration par millions sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres entre des populations hétérogènes. Le pacte appuie cette volonté d’encourager les migrations par l’affirmation péremptoire que les migrations dans leur généralité apporteront aux populations hôtes la prospérité, l’innovation ou encore le « développement durable » (?!). Les européens peuvent confirmer…
Cette volonté univoque de permettre à chaque migrant pris en tant qu’individu, indifféremment de ses origines ethniques, de ses codes culturels, et donc sans considérer les différences entre eux et les populations d’accueil est tout à fait inconsciente. Ce culte de l’individu est soutenu par les « droits de l’homme universels » qui constituent un outil formidable dans les mains des cosmopolites pour consacrer une espèce de droit à la migration dont chaque humain sur Terre serait titulaire. Il est inutile de faire remarquer qu’un tel droit ne s’adresse dans la réalité qu’aux populations du tiers-monde et notamment aux africains.
A travers les 23 objectifs du pacte, nous pouvons retrouver trois grandes idées : un mélange des genres pour favoriser une immigration sans limites (I.), la mise en œuvre du pillage des pays d’accueil (II.) ainsi que le renforcement de la répression des opposants au cosmopolitisme de l’ONU (III.).

I. Un mélange des genres au service d’une immigration sans limites

Immigration régulière et irrégulière ? – A la lecture des divers objectifs du pacte, nous constatons une certaine ambiguïté quant aux individus qualifiés de migrants et quant à leurs motivations. A première vue, le pacte semble éviter les migrations irrégulières causées par « le désespoir et la dégradation de [la] situation » des migrants (objectif 2) en investissant dans l’aide au développement (qui est à la charge quasi-exclusive des occidentaux) que l’on sait si fructueuse et si bien employée par les populations locales.
Mais en s’intéressant à la suite des engagements, on découvre une véritable mise en place de la banalisation et de la dépénalisation de l’immigration régulière. Les Etats s’engageront ainsi à réviser leur réglementation pour limiter au strict minimum les sanctions applicables à l’entrée et au séjour irrégulier au nom du sacro-saint principe de non-discrimination (qui amène au passage à discriminer celui qui a réussi à obtenir un titre pour séjourner et celui qui n’en a pas) (objectif 11). L’objectif 13 intitulé « Ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu’en dernier ressort et chercher des solutions de rechange » souhaite également limiter le recours à des solutions privatives de liberté et les bannir en tant que « mesure de dissuasion ». Les sans-papiers pourront donc déferler en masse en Europe sans risquer de se voir placés en rétention et n’auront aucune raison de respecter les éventuelles injonctions de quitter le territoire ou autres obligations que les autorités pourraient leur adresser. Plus grave encore, toujours au nom des droits de l’homme, les illégaux devront avoir accès aux « services de base » (entendre accès au soin, à un hébergement, à une prise en charge alimentaire voire à une allocation pécuniaire) au même titre que les migrants réguliers (objectif 15).

Enfin, l’objectif 7 prévoit un renforcement des pratiques de régularisation des migrants irréguliers enterrant définitivement toute idée de dissuasion des migrants de se rendre clandestinement dans les pays d’accueil.
Ces mesures constitueront sans en douter un appel d’air conséquent pour une immigration massive et illégale face à laquelle les Etats d’accueil ne pourront plus faire face.
Immigration de nécessité et immigration d’opportunité : ambiguïté intentionnelle – le texte est particulièrement orienté vers une immigration qualifiée de « contrainte » appréciée très largement. La notion de migrant climatique est ici consacrée (changements climatiques, dégradation de l’environnement). Il est aussi fait mention des migrants contraints de quitter leur pays en raison de la « pauvreté », du « chômage », des « inégalités », de la « corruption » ou encore de la « mauvaise gouvernance ». En résumé, de telles situations concernent à peu près toute l’Afrique et une grande partie du Moyen-Orient.
Mais les objectifs s’avèrent décorrélés avec ce constat puisqu’il s’agit de mettre en place de nombreux dispositifs permettant aux migrants de saisir les opportunités que présentent les pays d’accueil et de s’y installer durablement. Il ne s’agit aucunement d’une immigration d’urgence et temporaire. Le double-langage est bien mis en évidence ici. L’objectif 3 engage les Etats à mettre en ligne « des informations sur les options de migration régulière » à savoir notamment les perspectives de formation d’études ou encore le coût de la vie (comprendre la générosité de l’Etat d’accueil). Les migrants doivent pouvoir choisir le pays qui leur sera le plus favorable économiquement même s’il leur faut traverser la moitié de la planète.

Le cas des « mineurs » – Il convient de préciser qu’au nom de l’ « intérêt supérieur de l’enfant » reconnu par la Convention de New York de 1989, les migrants mineurs non accompagnés doivent faire l’objet de « procédures spéciales » permettant de faciliter l’entrée dans les pays d’accueil et leur prise en charge (toujours aux frais du contribuable). La pratique courante des adultes se faisant passer pour des mineurs sera quasiment encouragée par le pacte qui établit une véritable présomption de minorité au profit des migrants. Leur seule affirmation « légitime » par eux de leur minorité engagera l’Etat à les traiter en tant que tels à moins qu’une « évaluation multidisciplinaire, indépendante et adaptée aux enfants ne permette d’établir le contraire ». En bref, l’Etat n’aura pas les moyens de contrôler la véracité des affirmations exprimées par les migrants. Les mineurs de 30 ans risquent d’augmenter nettement ces prochaines années…

II. La mise en œuvre du pillage des pays d’accueil

Le Pacte de Marrakech entérine un véritable pillage des ressources et de l’identité des pays d’accueil renforcé par les disparités économiques et ethniques majeures entre les pays d’origine et les pays de destination.
Pillage économique – l’objet 15 prévoit de rendre « abordables » (donc gratuits) les services de santé dont les professionnels y travaillant devraient, en plus, être formés aux « spécifiés culturelles » des migrants dans un soucis de non-discrimination. Les migrants doivent également pouvoir accéder, toujours sans obstacles financiers, aux services d’instruction du pays d’accueil. Il est précisé que cet accès doit se faire au sein du système classique c’est-à-dire à stricte égalité avec les enfants originaires du pays d’accueil. Le principe de discrimination positive en matière d’accès à l’emploi constitue également un plan d’action de l’accord. Les plus de deux millions de chômeurs français apprécieront…
Mais au-delà des dépenses massives que ce pacte va engendrer à la charge du contribuable, l’accent est porté sur la « portabilité » des droits de sécurité sociale et des avantages acquis (objectif 22). L’idée revient en somme à organiser par les Etats le transfert des aides sociales, droits sur les soins de santé vers les pays d’origine en cas de retour des migrants chez eux. Il suffira de venir en France, même irrégulièrement en se faisant régulariser a posteriori, de récupérer divers avantages sociaux et de repartir avec dans le pays d’origine au niveau de vie nettement inférieur sans nullement contribuer au régime de solidarité. Il s’agit de faire de l’Europe le distributeur à billets du tiers-monde !

Pillage intellectuel – L’objectif 19 ouvre la porte à la fuite des connaissances industrielles, techniques, stratégiques des pays d’accueil vers les pays d’origine des migrants sans contrepartie. Il ne fait aucun doute que la mise en œuvre de cet engagement ne génèrera qu’un flux unidirectionnel vers le tiers-monde, l’Occident se faisant alors dévaliser en toute conformité avec le droit international.

Pillage identitaire – Le Pacte ne prend même pas la peine de justifier tous ces avantages fournis aux migrants sous couvert d’ « intégration » des arrivants avec la communauté d’accueil. L’heure est à présent à l’incitation expresse de la communautarisation des migrants dans les pays hôtes. Sûrement conscients de l’illusion de l’intégration, les auteurs du texte encouragent la création de « centres ou d[e] programmes communautaires » et l’institutionnalisation des diasporas. Les communautés étrangères pourront ainsi mieux s’organiser pour accentuer l’immigration dans le pays d’accueil et se souder entre-elles. Il s’agit tout simplement d’une colonisation qui, par le biais de la démographie galopante notamment en Afrique, aura raison des européens à terme. Le Pacte résume finalement assez bien ces mesures : « l’objectif [est] de préserver le lien qui unit les diasporas à leur pays d’origine » (Objectif 19 j.).

De telles mesures feront fort logiquement l’objet de protestations et le mouvement actuel de prise de conscience sur l’immigration en Europe pourrait mettre à mal l’exécution de ces engagements. C’est pourquoi des mesures de répression des opposants sont aussi prévues par le texte sans que cela ne soit bien sûr un problème vis-à-vis des droits de l’homme si ardemment défendus par l’ONU.

III. Le renforcement de la répression des opposants

Sous couvert d’une liberté d’expression et de la presse que nous savons à géométrie variable, l’objectif 17 est exclusivement dédié à la répression de toute forme d’opposition. L’enjeu des Etats qui signeront le pacte sera de tout faire pour présenter sous son meilleur jour les migrants et sanctionner l’ « intolérance » des racistes, xénophobes et autres affreux réfractaires à l’idée de se faire remplacer sous le flot d’une immigration massive. Cela se traduit par un engagement au maintien voire au renforcement des règlementations liberticides mais aussi par un véritable lavage de cerveau de la société. Le Pacte ose jusqu’à promouvoir une information « indépendante, objective et de qualité » rendue possible par la formation des professionnels des médias à l’emploi d’une « terminologie » dédiée et aux questions de migrations. Georges Orwell n’aurait pu imaginer un système plus totalitaire. Les médias accrédités seront bien entendus promus et subventionnés alors que les médias propageant l’intolérance, la xénophobie, etc. ne devront plus recevoir aucune aide publique. Mais rassurez-vous, tout cela se fera dans « le plein respect de la liberté de la presse » (sic) ! L’école devra également jouer son rôle de formatage de la jeunesse par l’instauration de programmes scolaires bienveillants envers les migrants tout en favorisant les établissements à forte concentration allogène.

Enfin, il est un point, assez discret mais des plus inquiétants, qui porte sur les campagnes électorales. Les Etats parties devront s’engager ni plus ni moins qu’à concerter leurs efforts de propagande pro-migrante et de répression « notamment lors des campagnes électorales ». Faut-il comprendre que l’objectif serait d’interdire tout débat et de persécuter les programmes politiques opposées à ce remplacement de population ?

En conclusion, ce texte à connotation particulièrement idéologique pourrait n’être qu’une énième déclaration en faveur d’une immigration extra-européenne globalisée et incontrôlée si celui-ci n’engageait pas les Etats eux-mêmes. Il faut effectivement soulever le fait que tous les objectifs débutent par la formule plutôt explicite : « Nous nous engageons à … ». Il n’y a aucun doute sur la réalité de l’engagement des Etats vis-à-vis du droit international de mettre en œuvre dans leur droit de telles mesures. En outre, les juridictions nationales, notamment en France, n’auraient aucune hésitation à forcer l’application de ce pacte. Même si de nombreux points évoqués par le texte sont déjà d’actualité en France, le Pacte les cristallisera sur le plan international rendant plus difficile tout retour en arrière.

Le danger de ce texte est d’ailleurs mis en exergue par les refus en cascade d’Etats occidentaux de le ratifier. L’Australie, la République Tchèque, la Belgique, la Pologne, l’Autriche, la Bulgarie, la Slovaquie, la Suisse, l’Italie, les Etats-Unis savent pertinemment que de tels engagements ne feraient qu’accentuer une déferlante migratoire de moins en moins réversible.
Dans ce contexte de protestation générale contre la politique fiscale et sociale de Macron, il serait souhaitable que les Gilets jaunes se saisissent de la question et exigent le retrait de la France d’un pacte qui fera peser plus encore sur le contribuable les coûts de l’immigration, qu’ils soient tant économiques, qu’identitaires ou encore démographiques.

Louis D.