Par Joffrey Marrot. Je retourne samedi prochain aux Champs, pour refaire un micro-trottoir.

– J’y suis allé par solidarité et pour interviewer les gens présents. Je diffuserai bientôt sur Suavelos la vidéo

– J’y suis allé à dix heure avec ma compagne. Nous sommes restés quatre heures.

1. Au sujet du caractère violent de la manifestation

– La manifestation est rapidement devenue violente. Cette violence fût légitime et utile à la cause je pense. Mais je ne parle pas de la violence des casseurs. J’y reviendrai plus tard.

– On a commencé par descendre les Champs-Elysées pour nous rapprocher de l’Elysée. Comme prévu, la Police nous a bloqué le passage en bas des Champs.

– C’est en arrivant en tête de la manif que j’ai compris que ça allait devenir violent. J’ai vu que des mecs commençaient à extraire des pavés du sol avec l’idée d’en faire des projectiles, et à déplacer du mobilier urbain pour faire des pseudo barricades. Ils ont fait cela en partie par dépit de ne pas pouvoir avancer, et en partie par esprit de combattre la Police.

– Je dirai qu’environ 1/4 des Gilets Jaunes avaient cet esprit violent. J’ai entendu un journaliste de BFM décrire la situation comme une petite minorité de « casseurs » prenant en otage les pacifiques Gilets Jaunes. C’est faux, ce n’est pas du tout ce que j’ai vu. Les Gilets Jaunes était un groupe homogène et solidaire entre eux. Et je n’ai vu personne protester contre les éléments violents. Certains Gilets Jaunes étaient plus agités et violents que d’autres, mais il y avait le même esprit de colère et de révolte.
A cette manif, il y avait bien sûr d’authentiques « casseurs ». Ces jeunes hommes violents qui se greffent aux manifs pour pratiquer leur sport favori : jouer à la guerre avec à la police et vandaliser.

Personnellement je n’ai pas vu les casseurs, car je suis parti a 14 h. Les casseurs ont du agir dans l’après-midi.

Il y a une polémique sur la question de qui étaient ces casseurs. On a désormais la réponse : c’étaient des mecs d’extrême gauche : http://www.fdesouche.com/1113033-gilets-jaunes-les-meneurs-des-casseurs-appartiendraient-a-lextreme-gauche

2. La violence était-elle justifiée ?

– Mise à part la violence des casseurs, pour moi oui elle était justifiée. Les gens paient des impôts très élevés. Ils ont du mal à finir les fins de mois et a épargner. Beaucoup d’entre eux sont venus de loin depuis la province. Tous ces ingrédients créent de la colère, de la frustration et du désespoir et tout ça s’est exprimé par la violence.

Attention, il y a violence et violence. Je n’ai vu aucune violence contre les vitrines des Champs-Elysées, ni contre des policiers. D’ailleurs même BFM l’a fait observé. Rien à avoir avec les manifestations gauchistes qui systématiquement expriment un esprit de haine anti-flic irrationnel, et détruisent les vitrines des commerces par là où ils passent, soi-disant pour lutter contre le capitalisme.
– Environ 1/4 des Gilets Jaunes avaient une attitude combative voir violente. 1/4 c’est une proportion élevée pour une manif, elle indique une grande colère parmi les Gilets Jaunes.

– Arrivés en bas des Champs-Elysées, la Police a finit par envoyer les grenades lacrymogènes puis avancer pour lentement nous refouler vers la Place de l’Etoile. Bon, certains criaient à l’injustice policière, mais en fait, il n’y avait là rien de nouveau sous le soleil. La Police obéit aux ordres et emploie une violence limitée. Ce n’est pas parce que des Gilets Jaunes scandaient « La Police avec nous », que les CRS allaient gentiment s’écarter le sourire aux lèvres, pour nous laisser nous ruer sur l’Elysée…

Ma compagne a reçu son baptême de lacrymo lorsque la Police a commencé a nous refouler au bas des Champs. Une bonne bouffée de lacrymo c’est vivifiant… et c’est vrai que ça calme. Quand tu suffoques, que tu n’arrives plus à ouvrir les yeux, et que tu sens les gens courir tout autour de toi, tu te dis que, décidément, la Révolution, ce n’est pas peut-être pas demain ^^. Il faut vraiment être un gamin ou un crétin politique pour croire qu’une révolution au sens du Grand Soir mythique et héroïque, pourrait se produire.

3. La réjouissante hostilité des Gilets Jaunes envers les journalistes

– Les gens étaient hostiles aux journalistes. Comme j’avais un micro assez imposant, beaucoup nous prenaient pour des journalistes.

Il y avaient des regards hostiles. Cette hostilité et cette méfiance m’ont réjoui. Elles sont amplement méritées.

D’ailleurs, je n’ai vu que deux journalistes interviewer des Gilets Jaunes. Les cameramans étaient là pour filmer les événements et faire leur propre commentaire journalistique, mais pas pour donner la parole aux protagonistes de la manifestation…

4. L’origine provinciale des Gilets Jaunes

– La majorité des gens venaient de province, et non d’Île-de-France. Des lorrains, des lyonnais, des bretons etc. De toute la France. J’ai trouvé ça beau de faire tout ce chemin pour venir manifester. Tandis que d’autres étaient en week-end, ceux-là ont payé le trajet et ont donné leur temps pour venir.

– Certains de ces provinciaux avaient une hostilité et un sentiment d’injustice vis à vis des parisiens. Ils faisaient l’amalgame entre le Paris bourgeois des beaux quartiers, les médias, et TOUS les parisiens.

5. La composition raciale des Gilets Jaunes

– La composition raciale était de de 98 % de blancs. On se sentait ENFIN en France… :)

Beaucoup de commentateurs nationalistes l’ont déjà fait observer : n’est-il pas étonnant qu’il y ait si peu de noirs et d’arabes ? Ils composent au moins 20 % de la population française, et 40 % de la population parisienne. Es-ce qu’ils en ont quelque chose à foutre de la France ? Ou es-ce que leur conscience politique se limite à leur petite tribu raciale (comme lors de la risible affaire Théo), ou leur communautarisme religieux ?

6. Les Gilets Jaunes, Peuple de Droite ou Peuple de Gauche ?

– En arrivant sur les Champs, j’ai rapidement entendu un « On est chez nous ! On est chez nous ! ». Ça m’a rappelé un meeting du Front National. Ça m’a fait plaisir d’entendre ce slogan devenu si subversif. On a aussi entendu chanter plusieurs fois la Marseille.

– Ayant parlé à beaucoup de personnes, je peux dire que la grande majorité était de « la droite du bon sens ». Je veux dire par là que leurs préoccupations étaient concrètes et simples : avoir un emploi, nourrir sa famille, épargner à la fin du mois.

On était à mille lieux des préoccupations idéologiques de gauche (migrants, LGBT, lutte contre l’extrême droite) qui intéressent tant les prétentieux comme Raphaël Glucksmann.

– J’ai croisé par hasard des camarades de Suavelos en bas des Champs. Ils m’ont reconnu. Le monde est petit n’est-ce pas ?
– En interviewant les gens, j’ai tâté le terrain sur la question de l’immigration et des migrants. La grande majorité des gens étaient contre l’immigration. Mais attention, ils n’étaient pas franchement contre. Il fallait les amener à la question pour leur faire « avouer » qu’il avait peut-être un peu trop d’immigrés… voir qu’ils avaient voté Marine Le Pen « pour voir ».

– Néanmoins, les gens restaient quand même en large partie sur un discours de colère et de pouvoir d’achat. On atteint là les limites de cette révolte des Gilets Jaunes. Au fond, qu’es-ce que ça va donner tout ça ? Macron finira par lâcher des concessions. Baisser la taxe sur le carburant ou donner des chèques transport.

Tout cela ne changera rien au cours des événements de France, à savoir sa transformation en société multi-raciale violente (comme le Liban, ou le Brésil), avec une baisse de l’intelligence générale des « Français » en raison de l’afflux massif de races à bas Q.I.

Or nous, ce que nous voulons, nous les hommes de bon sens, c’est l’arrêt de l’immigration et la remigration. Une hausse du pouvoir d’achat n’a aucune importance dans une perspective à de long terme.

Si les Gilets Jaunes restent sur un plan du pouvoir d’achat, et que leur mobilisation continue, ils obtiendront satisfaction. Mais ça n’aurai été qu’une victoire temporaire.

Il serai nécessaire que les Gilets Jaunes se politisent et s’organisent davantage. En demandant par exemple un référendum. Or il ne me semble pas possible, pas réaliste, de transformer cette colère populaire en conscience politique. Si vous pensez que je me trompe, et que c’est possible, dites-le moi.

Joffrey Marrot