Auteur : Frédérick.

 

En complément de la dernière publication Suavelos montrant le dialogue entre un général américain et un chef indien :

Réplique culte pour en finir avec le stéréotype du méchant blanc qui vole des terres (Vidéo)

 

Quelques extraits intéressants d’un chercheur américain, Keelay Lawrence, professeur et archéologue ayant écrit « les guerres préhistoriques ». Ici l’auteur parle de la conception du monde de Rousseau, conception « proto-gauchiste » consistant à voir le sauvage comme être bon et pur (mythe du bon sauvage) au contraire de l’homme civilisé, en l’occurrence l’homme blanc occidental :

« Les intellectuels européens d’après guerre, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont commencé à se considérer, eux et les sociétés auxquelles ils appartenaient, comme des victimes de l’impérialisme et du néocolonialisme même s’ils sentaient à travers l’épaisseur croissante de leur matelas de prospérité, le petit pois de l’oppression. Une génération après la fin de la seconde guerre mondiale, il est devenu intellectuellement de bon ton en Europe occidentale de s’identifier aux nombreux peuples non occidentaux qui furent autrefois nos sujets coloniaux ».

« Les cyniques ont remarqué que ceux qui ont le plus bénéficié du progrès (occidental), les citoyens du « premier monde » sont aussi les plus enclins à le mépriser. La poignée de privilégiés qui mangent le mieux, vivent le plus longtemps et de manière plus stimulante grâce à l’agriculture, la médecine, l’éducation, l’information, les voyages […] sont aussi les plus nostalgiques du monde primitif ».

« [La mode néorousseauiste] est critiquable : elle nie aux peuples tribaux une humanité totale. Auparavant, on avait même refusé toute intelligence, sociabilité et générosité aux peuples non civilisés, on ne reconnaissait à leur mode de vie ni richesse, ni efficacité ni rationalité. De nos jours, au contraire, la vox populi éprouve bien du mal à taxer les peuples tribaux de rapacité, cruauté, et d’insouciance écologique. Mais alors que les accusation écologiques fusent, qui se souvient des dix espèces non voilières merveilleuses et uniques (les Moas) chassées et exterminées par les anciens polynésiens au moment où ils colonisèrent la Nouvelle Zélande ?

Le tout venant aussi bien que le scientifique privilégie une image de peuples tribaux qui seraient des moutons au jardin d’éden méprisant la vie matérielle.

[…] En leur attribuant toutes nos vertus et aucun de nos vices, nous les déshumanisons autant que nous nous déshumanisons nous même ».

Voilà en gros un pan de la pensée de gauche, issue de Rousseau : L’homme naît bon dans l’état de nature, et n’est nullement violent ou matérialiste, seule la société le corrompt et en fait de lui un avare et cupide personnage. Il en a découlé l’idée que la société occidentale, porteuse de progrès technologiques, de confort, mais surtout de guerre à travers le monde, était peu enviable par rapport aux « Etats » (ou non-Etats) tribaux, que l’homme sauvage était l’homme pur, agneau de dieu, vivant pacifiquement et sans envie matérielle ou haine. Le gauchiste visualise alors le non-occidental comme l’étalon de la sagesse, il voit l’indien nu dans la forêt amazonienne comme un être inoffensif et incroyablement bon, et ses congénères blancs comme des monstres. L’auteur (Keeley Lawrence) l’explique bien dans son livre les guerres préhistoriques : si ces sociétés sont pacifiques, c’est bien parce que nous leur avons retiré tout moyens de nous faire violence (à grand renfort de plomb dans les dents).

 

Auteur : Frédérick.