Célèbre pour son alignement parfait avec le soleil lors du solstice d’hiver, le site archéologique serait menacé par une percée souterraine. Alors que les travaux doivent débuter en 2020, l’historien britannique Tom Holland évoque «une atteinte aux origines de l’Angleterre». Une crainte partagée par les druides du Royaume-Uni.

Avec son spectaculaire cercle de mégalithes vieux de 4000 ans, Stonehenge est sans conteste l’un des sites archéologiques les plus célèbres au monde. Une notoriété qui lui vaut d’attirer en moyenne chaque année 1,3 million de spectateurs. Conséquence: la route accédant au site est très fréquemment inondée de trafic. Pour y remédier, le gouvernement britannique déclare investir 2,4 milliards de livres dans la construction d’un tunnel qui devrait circuler sous le site archéologique. D’une longueur estimée à 2,9 km, il remplacerait l’autoroute A303 actuellement située à proximité immédiate du site.

Bien que le plan soit soutenu par English Heritage, l’organisme en charge de la gestion du patrimoine historique d’Angleterre, ainsi que par l’UNESCO, il scandalise déjà de nombreux archéologues qui redoutent que la construction de cet ouvrage d’art cause d’irréversibles dommages au site de Stonehenge. Pour Andy Rhind, directeur de la chambre de commerce locale interviewé par CNN, «ce tunnel destructeur» serait ainsi une véritable «bombe à retardement».

L’historien Tom Holland tire également la sonnette d’alarme. «De récentes études ont prouvé que Stonhenge est le berceau de l’Angleterre. Ses origines remontent à la reformation de l’île, après l’Âge de glace, a-t-il expliqué à CNN. On a peine à croire que le gouvernement britannique soit prêt à détruire un site pluri-millénaire pour construire un tunnel qui durera au mieux une centaine d’années.»

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Un véritable crève-cœur lorsqu’on sait que sous les terres de Stonehenge sont encore enfouis d’innombrables trésors du Néolithique. En septembre 2015, une campagne de caractérisation de son sous-sol avait notamment permis d’identifier 90 mégalithes apparemment ensevelis au néolithique.

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Plus étonnant, les derniers «druides» de Grande-Bretagne s’alarment également des conséquences désastreuses que pourrait avoir la pollution lumineuse dégagée par une extrémité du tunnel sur le solciste d’hiver. Une affaire très sérieuse pour des milliers de Britanniques friands de rites néo-païens. Chaque année, druides et autres sorcières se rassemblent sur le site archéologique pour célébrer la nuit la plus longue de l’année… Un cérémonial qui, lui aussi, serait menacé par l’altération du panorama.

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