Auteur : Hannibal.

Thèse : La thèse du texte c’est d’expliquer que la première condition pour devenir nationaliste, c’est de rejeter tout le logiciel de la religion de la culpabilité du gauchisme, qui pèse sur nous : la colonisation, l’esclavage, le « génocide » juif etc..

 

Une pensée me travaille depuis quelques temps et une discussion avec un ami d’un bord politique opposé m’a permis d’asseoir sa validité. Il s’avère que cet ami est italien, et est venu étudier en France pour ses études. Tout naturellement la discussion s’engage sur l’opportunité d’accueillir les migrants qui arrivent en proportions bibliques dans le pays de ses ancêtres. Il me rétorque qu’on ne peut pas refuser d’accueillir ces populations, ni même assécher le mouvement migratoire en amont dans leur pays d’origine. Comme la justification morale ne suffit pas pour plaider en faveur de l’accueil (est-ce moral d’engraisser les passeurs alors que l’on refuse d’engraisser les proxénètes ?), l’argument de la colonisation est tout de suite invoquée. Je me permets de lui demander quand les Occidentaux pourront espérer avoir fini d’expier ce péché inexorable. Sa réponse fuse comme un saumon dévalant le torrent : « Jamais ». Il n’est pas venu à l’esprit de mon interlocuteur que jamais un Japonais ou un Turc ne pourrait s’appliquer à lui-même la même intransigeance, et il ne se demandera probablement jamais pourquoi.

Au moment même où il prononce la sentence de mort appliquée à sa civilisation, il semble lui-même désarçonné par la solennité de sa réponse. Il me semble moi-même que quelque chose d’indicible vient d’être articulé par ces lèvres qui ne sont que le réceptacle d’une vérité insue, et pourtant dite. Une voix a parlé à travers lui, et c’est la voix de la culpabilité, ce sentiment inhérent à la conscience en tant que besoin de se découvrir et de se sentir fautif. Le christianisme a donné forme à cette culpabilité, pour orienter l’action de l’homme sur Terre, lui assigner une responsabilité qui ne dépend pas de lui, qui le dépasse infiniment et qu’il ne pourra pas abolir. En d’autres termes, la culpabilité a contribué a vertébrer moralement l’homme occidental, le génie du christianisme étant précisément de contenir cette culpabilité en la maintenant dans les bornes du pêché originel : certes, l’homme avait enfreint un commandement et avait été expulsé du Paradis, mais le souvenir de la faute n’est pas seulement mortifiant car il permet d’entrevoir surtout l’espoir d’une restauration au sein de l’espace d’espérance qu’est le monde. C’est à dire que le christianisme ne permettait pas à l’homme de retourner simplement sa culpabilité contre lui-même ou de le distiller sans fin.

Or depuis que le christianisme n’est plus le soubassement moral de l’Occident, la culpabilité s’est engouffrée partout où elle a pu : le réchauffement climatique, la maltraitance animale, les enfants morts qu’on agite comme des chiffons rouges à chaque conflit meurtrier. L’homme moderne vit en s’excusant d’exister, la vie est pour lui une « faute éclatante » comme pour le serpent de Paul Valéry. Quand l’homme moderne visite Bordeaux, Lorient, ou Le Havre avant même de porter un jugement esthétique sur la forme de la ville, il déclare que celle-ci porte les stigmates de l’esclavage; quand il visite Versailles, il relativise constamment en pensée (ou en parole pour les plus pénibles) la magnificence des lieux parce qu’elle a été indexée sur la sueur du petit peuple laborieux (alors que ce même peuple laborieux est décrit comme stupide et arriéré pour son vote F.N aujourd’hui). Nous, gens de droite, sommes cernés par des gens n’appréhendent le monde qu’à travers une culpabilité démesurément extensible; qui ne se réfère à l’Histoire que pour en être le vertueux procureur.

Cependant, je ne concluerai pas mon texte en affirmant que seul le christianisme peut nous protéger de nous-même et inverser le déclin entropique de notre civilisation; en cela je suis solidaire de la ligne Suavelos qui ne fait pas de la réévangélisation la panacée du nationalisme. Tous les gauchistes sont des chrétiens qui s’ignorent et c’est justement en vertu de ce christianisme frelaté que ces individus pensent ce qu’ils pensent. D’où la phrase de Chesterton souvent citée parmi les gens de notre bord et dont mon texte n’est au fond que la modeste paraphrase : « Le monde est plein de vérités chrétiennes devenues folles ». C’est pourquoi l’urgence qui devrait nous préoccuper à l’heure actuelle est avant tout celle de fixer des bornes à notre culpabilité afin de régénérer les consciences de nos compatriotes, si cela est encore possible.

Auteur : Hannibal.

Dans ta gueule sale gauchiste

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