Très intéressant article du blog Le Bon Dosage qui dénonce la mauvaise foi du fillonniste Zemmour lorsqu’il prétend que l’identité prime sur tout tout en prétendant que les gens n’ont pas voté pour Marine par peur de son « économisme ». Si vous êtes doté d’une cervelle, vous devriez détecter la mauvaise foi absolue. A moins que le peuple français ne soit pas au courant que Marine Le Pen est plus identitaire et sévère avec l’immigration qu’Emmanuel Macron ? De qui cet homme se moque-t-il ? Il veut une union des droites alors que quand une LR fait un timide petit coming-out facho (Nadine Morano), ils la renient et la traitent en paria ? La seule droite identitaire dans un parti majeur, c’est le Front National.

Le message que j’aimerais vous faire passer, c’est : méfiez-vous des bourgeois et de leurs théories. Les Zemmour, les Finkielkraut (électeur Macron), les Onfray (caution intellectuelle de Daesh), tous ces millionnaires influenceurs qui ne sont pas sur les plateaux pour rien (et pas que pour les 2500 euros par émission). Chacun a un but, chacun a le droit d’y parler dans un but. Boire les paroles de gens qui n’ont jamais dit qu’ils avaient une quelconque solidarité raciale européenne ou française au-dessus de la religion et de la classe sociale, surtout quand eux-mêmes ne sont pas Européens… voire ont des paroles anti-France… c’est une pure imbécillité.Y.M.


L’article du blog Le Bon Dosage :

L’élection présidentielle n’en finit plus de produire des effets étranges et imprévisibles. Comme on pouvait s’y attendre l’élection du représentant du néolibéralisme français, monsieur Macron produit des effets prodigieux de déstabilisation du système politique français. Il met en exergue la divergence profonde qu’il y avait depuis au moins vingt ans entre la représentation politique et la réalité sociologique du pays. Les recombinaisons sont complexes, car les différents partis préexistants sont eux-mêmes parcourus de contradictions internes issues de l’Ancien Monde. Le vieux monde politique français issu des années 70-80 s’effondre, mais le nouveau peine à émerger. Le camp néolibéral parce que dominant dans les couches supérieures de la population est le premier à avoir ouvertement fait sa mue. Le coup d’État bourgeois, représenté par l’élection de monsieur Macron, est le résultat de cette rupture. Bien qu’il soit largement minoritaire dans la sociologie du pays, le système néolibéral a encore une fois réussi à se maintenir au pouvoir comme il le fait régulièrement depuis 1983. L’omniprésence d’un Jacques Attali dans les profondeurs de la gouvernance française étant en soi une preuve de la constante des politiques menée depuis près de quarante ans maintenant.

Cependant, les idéologues du néolibéralisme ont eu très peur, et c’est une stratégie de type « l’union fait la force » qui leur a cette fois sauvé la mise, en attendant l’effondrement. Ils ont réuni toutes les forces libérales du pays créant un courant traversant les fausses oppositions qui avait permis jusqu’à présent les pseudo alternatives droites/gauches qui ont fait tant de mal au pays et à la démocratie. Ce n’est qu’un sursis, leur politique étant contraire au bon sens et aux intérêts du pays. Même en ayant toutes les meilleures stratégies du monde, ils ne pourront pas indéfiniment se maintenir au pouvoir eux et leurs idées aussi tordus qu’absurdes. Si les deux grands anciens partis politiques que sont le PS et LR tanguent sous le coup de la Sainte-Alliance des europhiles consanguins, le reste du paysage politique n’en est pas moins touché. Ainsi le FN qui a pourtant fait un score historique validant largement la stratégie Philippot, se voit-il destabilisé. Il est maintenant en guerre interne. Une guerre qui se déroule entre les partisans de la ligne nouvelle et les partisans du fétichisme migratoire. Dans ce conflit interne étrange à la vue de la réussite du FN, l’on voit quelques orateurs et non des moindres s’infiltrer dans la brèche. C’est le cas du baratineur de droite Eric Zemmour que l’on ne présente plus.

La lutte contre l’euro n’est pas du fétichisme, l’obsession migratoire par contre…

L’argumentation de Zemmour est simple, pour ne pas dire simpliste. Si le FN a échoué, c’est parce qu’il n’a pas fait un discours digne du FN. En gros la focalisation du FN sur la question de l’euro a fait perdre Marine Le Pen là ou le discours dur sur l’immigration et l’islam l’aurait fait gagner. Et monsieur Zemmour rajoute une critique sur l’économisme qui frapperait Marine Le Pen et son entourage à commencer par Florian Philippot . Faisant ainsi de l’économie une question subsidiaire qui serait tellement moins importante que l’immigration ou l’intégration que les Français aurait dès lors préféré aller à la pêche plutôt que voter Le Pen au second tour de la présidentielle. Je ne vais pas ici passer par moult formules, je crois que monsieur Zemmour vient de trahir sa vilénie profonde et les intérêts réels qu’il défend. Comme l’a dit très justement Jacques Sapir, monsieur Zemmour est un bourgeois et il défend ici clairement sa classe sociale. Il ne s’en remet pas que son champion Fillon n’ait pas été au second tour. Un Fillon qui correspondait parfaitement à la stratégie de Zemmour pourtant. Européiste, libéral, encore plus que Macron, et avec en prime un bon petit discours anti-immigration, et sécuritaire. Et pourtant le Fillon n’était pas au second tour, c’est étrange non ? N’y aurait-il pas comme une contradiction logique ? Marine Le Pen n’a-t-elle pas fait justement un ravalement de façade sur l’euro au second tour ? Ne serait-ce pas cela qui a fait basculer les scores plutôt?

Et encore, je rappellerai ici que les sondages n’ont pas de valeur scientifique réelle. On peut supputer que Marine Le Pen était juste surestimée par les méthodes de sondage de l’entre-deux tour. D’ailleurs, rappelons qu’historiquement le FN était sous-estimé pendant sa période sulfureuse. Les études de sondages ont donc pris l’habitude de corriger leurs chiffres. Et cela pour prendre en compte la timidité naturelle de cet électorat . Il était en effet bien difficile de dire que l’on votait pour le FN. Il est donc possible que la dédiabolisation de ces dernières années ait fait baisser cette peur. Ce faisant, les sondeurs se mettent maintenant à systématiquement surestimer le FN à cause de leurs habitudes de calculs. Rien ne dit que Marine Le Pen était réellement à 40 % avant le débat avec Macron. Par contre les faits sont là. Le FN n’a jamais été aussi haut dans aucune élection. Comment dès lors peut-on logiquement en déduire qu’en faisant un retour en arrière elle aurait fait mieux ? C’est du sophisme dont monsieur Zemmour est un grand habitué.

Venons en maintenant à la question qu’il soulève pour attaquer madame Le Pen. Pour lui la question économique est secondaire. Les Français sont contre la sortie de l’euro donc il faut renoncer à cette question. C’est de la pure stratégie de communication. Cependant, rappelons ici que la question de l’euro n’est pas secondaire, mais centrale. Un pays qui ne maîtrise, ni sa monnaie, ni ses budgets, ni ses lois, ni ses frontières ne peut en aucun cas faire une autre politique migratoire. Je ne suis pas un économomiciste dans le sens où mon but premier n’est pas la croissance économique en elle-même, mais le bien-être et la perpétuation du peuple français et de sa nation. Les gens qui se battent contre l’euro ne sont pas pour la plupart des obsédés de la croissance ou de l’économie, et il faut bien mal connaître un homme comme Jacques Sapir pour penser cela . La fin de l’euro n’est pas un but en soi, c’est un préalable à l’indépendance nationale. Peut-être que Marine Le Pen et les autres ont mal expliqué ce lien. Mais faire croire que l’on résoudra les problèmes du pays, y compris ceux de l’immigration, en restant dans l’UE et l’euro c’est simplement de la démagogie incantatoire. Les économicistes sont bien plus du côté du néolibéralisme et des obsédés de la globalisation.

Par contre, je vois bien chez monsieur Zemmour un fétichisme de l’immigration. Lui qui pouvait apparaître il y a quelques années comme relativement pragmatiques sur ces questions, s’est de plus en plus enfermé dans un discours à sens unique et dogmatique. Il a rejoint les identitaires, pour qui rien ne compte pas même la France tant que leur sang reste pur. Ce sont ces mêmes identitaires, qui surfent sur les propos de Zemmour très populaires chez eux afin d’influencer le FN en ces temps trouble. Ils utilisent leur site rempli de ragots et de fait divers nettement orientés pour faire pression sur la direction du parti. Leur fuite en avant est d’ailleurs symptomatique, il y avait en effet pendant longtemps une partie économique à Fdesouche. Une partie qui a étrangement disparu. Alors que le côté obsessionnel anti-immigration, lui, c’est considérablement développé.

Le fétichisme migratoire de la bourgeoisie de droite.

Disons-le tout de suite, je ne suis pas du tout un partisan de l’immigration de masse. Je ne crois ni au multiculturalisme ni à la toute-puissance de la capacité d’intégration de la nation française. Cependant, je ne fais pas et je n’ai jamais fait de l’immigration la mère de toutes les batailles et le centre névralgique de notre crise nationale. L’immigration est un des multiples aspects des effets du néolibéralisme, elle n’en est pas le centre névralgique. Cependant, cette obsession sur la question migratoire est en quelque sorte le Janus inversé de droite de l’amour immodéré, mais factice, que porte la frange gauche de la bourgeoisie. Dans les deux cas, l’immigration est un outil de domination contre les intérêts des victimes du néolibéralisme. À gauche l’immigré est devenu une icône intouchable qui donne bonne conscience pour cacher la violence sociale que produit le libéralisme économique. Le plus exemplaire fut l’utilisation marketing qu’a faite Angela Merkel des réfugiés syriens juste après avoir transformé la Grèce en pays du tiers-monde. Je crois qu’il s’agissait là d’une preuve éclatante de l’usage que font nos élites du discours mielleux sur l’immigration.

À droite la bourgeoisie utilise de plus en plus l’immigration comme mécanisme unificateur avec les couches sociales les plus faibles. Les élites de droite ont bien compris que le petit peuple souffrait certes du globalisme, mais aussi de l’immigration qui détruit leur univers culturel. Les droitards purs souches à la Eric Zemmour ont donc pour objectif d’unifier leurs camps avec le petit peuple par la haine exagéré de l’étranger. Faisant oublier au passage que ce sont les intérêts de ces mêmes bourgeois les ont conduits par le passé à accepter toutes les vagues d’immigration. C’est sous monsieur Sarkozy que la France a connu le redémarrage d’une nouvelle vague d’immigré. Pourtant monsieur Zemmour aime cette citation de Bossuet: « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent » n’est-ce pas ? On assiste au final à l’apparition de la stratégie bourgeoise du parti Républicain aux USA. Alors que Macron essaie de nous faire un parti Démocrate en France, monsieur Zemmour et la droite bourgeoise essaient de fabriquer un parti Républicain dont le centre unificateur n’est pas l’intérêt du pays, les questions de l’indépendance nationale, mais uniquement la haine de l’immigré. Le petit problème c’est que la France n’est pas l’Amérique. Quoique puisse en penser nos pseudo-élites. Le vrai clivage en France est la séparation entre la défense de la souveraineté nationale et les partisans du globalisme. Que ces globalistes ne le soient pas sur la question du mouvement des populations ne change rien à l’affaire. Si le FN a la mauvaise idée de suivre les conseils de Zemmour, il retombera rapidement à ses scores des années 80, rien de plus. Entre la patrie et leur porte-feuille, les bourgeois de droite ont déjà choisi.

Le Bon Dosage