Il est pratiquement impossible de trouver un article évoquant la question de la sexualité et du fascisme, ou du nazisme, où ne figure pas  le qualificatif de « puritains » employé pour les désigner. Bien sûr, la plupart de ceux qui lancent ce mot n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le puritanisme et de ce sur quoi repose précisément la répression sexuelle. Il est important dans ce contexte d’examiner la relation entre nazisme et sexualité en particulier de déterminer si les Nazis étaient aussi « réprimés sexuellement » que semblent le croire communément les antifascistes.

 

1°) Le nazisme comme « sexe-répressif » :

Le principal promoteur de cette idée était Wilhem Reich et plus généralement l’Ecole de Francfort. Disciple de Freud, il avait conservé de ce dernier le concept de lutte entre Eros, la pulsion de vie, donc de la sexualité et Thanatos, la pulsion de mort, celle qui pousse à tuer. Selon Reich, la glorification d’un de ces deux principes allait de pair avec l’inhibition de l’autre. Ainsi donc, cultiver la pulsion de vie, et par la même occasion, libérer la sexualité de ses chaînes, entraînerait forcément une diminution de la violence chez l’être humain. Il étend sa conception de la répression de la sexualité au-delà de la sphère strictement individuelle pour concerner la société dans son ensemble, ce qui le pousse à s’intéresser aux mouvements de masses, comme le fascisme ou le nazisme. Ces régimes se caractérisent selon lui par l’amalgame d’éléments révolutionnaires et réactionnaires, mais se distinguent des mouvements conservateurs de droite puisqu’ils sont soutenus par les masses populaires et non par l’élite. Cependant, c’est essentiellement sur l’aspect réactionnaire que Reich s’est focalisé, quitte à oblitérer le pan moderne et innovant de l’extrême-droite fascisante, surtout allemande, et national-socialiste.

Dès le début de son ouvrage consacré au fascisme, il opère un amalgame entre la pensée raciste et le puritanisme, sans fournir la moindre explication préalable : « L’idéologie raciste est l’expression caractérielle biopathique de l’homme frappé d’impuissance orgastique »1. On aurait bien aimé un exemple précis en la matière mais Reich nous refuse ce petit plaisir. Mieux, il continue sur sa lancée : « Il [le fascisme] transforme le caractère masochiste de la religion [chrétienne] de souffrance de l’ancien patriarcat en une religion sadique »2. Nous reviendrons sur ce caractère supposément chrétien du fascisme, encore trop complaisamment entretenu. Toutefois l’équation est  désormais posée : répression des désirs (sexuels) = sadisme. L’exemple pourtant de l’homme qui a donné son nom à cette perversion ne correspond pas tout à fait à ce cas de figure, même plutôt l’inverse : celui d’un enfant élevé sans limite. Nous invitons ceux qui en doutent encore et voient en le Divin Marquis un héros de la liberté à lire le petit livre que Michel Onfray lui a consacré. Plus loin, l’auteur décrit le fascisme sous les traits horrifiques d’un « vampire sur le corps vivant qui donne libre cours à ses impulsions meurtrières quand l’amour cherche à s’accomplir au printemps »3. Cette description digne du résumé d’un film d’horreur d’Ed Wood est pourtant considérée comme aussi valable qu’une analyse fouillée ! Le fascisme est donc l’ennemi de la liberté, économique, politique ou sexuelle.

Plus tard, préfigurant sans le savoir les délires des théoriciens du genre, Reich s’en prend à un texte du parti nazi qui définit la femme comme la compagne de l’homme, son alliée en toute circonstance, dans la vie, dans le travail, et que tous deux ont pour mission la perpétuation du genre humain, la fondation d’une famille, sur lequel il projette ses obsessions anti-patriarcales, et ce, sans savoir le moins du monde que la même chose existe chez les peuples matriarcaux qu’il prend pourtant comme référence. J’ai beau lire et relire ce texte mais je n’y trouve rien de choquant, pas plus que dans le slogan « Travail, Famille, Patrie ». J’ai même plutôt envie de le lier à une célèbre phrase des Femmes Savantes de Molière, l’opinion qu’exprime Henriette, femme traditionnelle, sur le mariage à sa sœur Armande, intellectuelle froide, misandre et puritaine :

« Et je ne vois rien là, si j’en puis raisonner,

Qui blesse la pensée et fasse frissonner »

(Acte I, scène 1).

 

En fait, je ne vois pas qui ce texte peut choquer, en dehors des promoteurs d’une société atomisée, sur le mode du Meilleurs des Mondes, où les êtres humains naissent en couveuse artificielle. Et bien sûr, les LGBTQ+, présents dans l’entourage de Reich et dans tous les mouvements de la révolution sexuelle.

Encore aujourd’hui, suite à l’influence de Reich et de ses épigones à l’origine de la Révolution Sexuelle des années 60-70, le IIIème Reich est toujours perçu comme hostile à la sexualité, dépourvu de plaisir, marqué par la pudibonderie issue du protestantisme luthérien. L’érotisme et la sensibilité sexuelle avaient été supprimés, les chambres à coucher tristes et déprimantes, et le processus de libéralisation des mœurs initié sous Weimar brutalement interrompu. Pour Udo Pini, « les sentiments [amoureux] étaient aussi coordonnés que les organisations [liées au pouvoir en place] »4. Selon lui, sous le fascisme « tout ce que Weimar avait pensé et pratique en partie en matière de progrès, fut radicalement renié ou terminé »5. L’historien Georges Mosse abonde dans ce sens et voit les nus du nazisme comme dépourvus d’érotisme. « La peur de la sexualité des nationaux-socialistes », « l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage précoce (…) fortement recommandée », « la sexualité et sa représentations (…) rendues complètement taboues »6, voilà les représentations qui saturent encore l’historiographie contemporaine. Même Johann Chapoutot, pourtant bon connaisseur du nazisme, s’étonne de la présence d’un aussi grand nombre de nus : « Comment concilier cette omniprésence publique et muséographique du nu, aussi bien masculin que féminin, et la pudeur presque victorienne de la société allemande et du nazisme lui-même, pudibond en diable à l’image de son Führer, qui déclarait que la seule pornographie autorisée dans le Reich était l’antisémitisme ? »7. Il y voit « un travail de distanciation sexuelle ». Cependant un paragraphe plus loin, il concède que le nu nazi, notamment féminin, peut être impudique, et même érotique, par la mise en valeur du pubis et surtout de la poitrine. Comment cela se pouvait-il, si la société nazie était si victorienne ? (Encore faudrait-il qu’il sache ce sur quoi reposait le puritanisme victorien).

Certes, il y eut de la répression sexuelle, notamment à l’encontre des homosexuels, et des relations sexuelles entre Allemands et Juifs. Mais le Nazisme fut-il répressif pour tout le monde ? Qu’en était-il de la sexualité des Allemands aryens hétérosexuels ?

 

2°) Du plaisir sexuel pour les Germano-Aryens sains :

             Il est vrai que les Nazis, au départ, ont promis de restaurer la morale traditionnelle mise à mal par la décadence de la République de Weimar, évidemment dominée par les Juifs, accusés de promouvoir l’homosexualité (via Magnus Hirschfeld et Iwan Bloch), la pornographie, la nudité, le plaisir au détriment de la reproduction. Ceci leur avait valu l’approbation de la part des conservateurs ainsi que des églises catholiques et protestantes. Encore beaucoup trop d’historiens, même parmi les plus récents, les prennent au pied de la lettre, sans se préoccuper de savoir si Hitler et ses comparses tinrent leur parole en matière de restauration de l’ordre moral et familial monogame, hétérosexuel, procréateur. Il faut savoir que le Nazisme attirait une grande partie de la jeunesse, qui bénéficiait déjà de la libération initiée dans les années 20. Et si certains Nazis étaient conservateurs sur le plan des mœurs, d’autres désiraient nettoyer la liberté sexuelle de son association avec le marxisme (le fameux « bolchévisme sexuel »), et l’aryaniser. Nous verrons plus tard comment cela a été rendu possible, notamment par le biais des textes sacrés des Aryens, et pas seulement ceux de Germanie ou du monde gréco-latin ou celtique.

En réalité la répression sexuelle sous le Nazisme ne portait pas tant sur le sexe en lui-même que sur qui pouvait avoir des rapports sexuels avec qui. Cela a conduit à l’édiction des fameuses Lois de Nuremberg qui interdisaient les mariages tout comme la sexualité entre Allemands de pure souche aryenne et Juifs (ainsi que « non-blancs »). Y étaient également réprimés l’homosexualité, surtout masculine (paragraphe 175), l’inceste (174) et la pédophilie (176), tares largement associés aux Juifs, auxquelles s’ajoutaient une propension au viol. Ces lois contre les déviances sexuelles permirent aux juges allemands de l’époque d’appliquer des mesures coercitives relatives à la castration chimique, dans le cas des violences sexuelles sur femmes (177) et enfants (176), mais aussi relatives à l’exhibitionnisme (183), hétérosexuel comme homosexuel. Les personnes reconnues coupables des infractions recensées dans les paragraphes 174, 175 et 176, devaient porter un triangle rose. Ceci dit, ces lois laissent une grande place à l’exploration du plaisir hétérosexuel entre « Aryens » sains, justement.

Il y eut des nazis conservateurs, comme Hoffmann, pour lier le délitement des mœurs traditionnelles à l’enjuivement de la société allemande des années 20. Mais une autre branche du Nazisme beaucoup plus libérale qui, même si elle associait la perversité sexuelle aux Juifs comme la précédente, souhaitait néanmoins poursuivre les tendances libérales préexistantes. Ce fut celle-ci qui attaqua les Eglises de manière virulente, dénonçant leur pudibonderie orientale qui avait étouffé la saine sexualité païenne germanique (et plus largement aryenne, voir plus loin). Le Dr Hans Endres, affirma en effet devant des officiers de haut-rang du Parti Nazi en 1941 : « Nous avons été élevés dans une bigoterie criminelle, car la mentalité orientale chrétienne a réprimé nos sains instincts sexuels germaniques. Nos jeunes générations doivent être fières de leur corps et jouir des plaisirs naturels du sexe sans ressentir de honte »8. Même Adolf Hitler, présenté comme chaste et austère voire pudibond, voulait lutter contre « le parfum suffocant de l’érotisme contemporain » mais fustigeait également « la pruderie dévirilisante »9. Il était même encore plus explicite en privé : « Pour mériter sa place dans l’histoire, notre peuple doit être avant tout un peuple de soldats. Cela implique à la fois des devoirs et des droits : une éducation d’une extrême rigueur, mais la possibilité de jouir sainement de la vie. Si un soldat allemand doit être prêt à donner sa vie sans discussion il doit avoir en revanche la liberté d’aimer sans entraves. La vie est ainsi faite que la guerre et l’amour vont de pair. Quant au petit bourgeois ergoteur et mesquin, qu’il se contente des miettes du festin ! Mais pour tenir le soldat dans l’appétence du combat, qu’on ne vienne pas l’importuner avec le précepte religieux qui recommande l’abstinence de la chair. Un homme à l’esprit sain ne peut que sourire quand un saint Antoine prétend lui ôter la joie la plus grande qui soit et l’inciter à « se mortifier lui-même à coups de cravache » !10 Cette citation détruit en grande partie l’image d’un IIIème Reich pudibond et nous le montre sous un jour nettement plus « sexe-positif » pour recourir à une terminologie contemporaine.

Phantasie, Fritz Klimsch

 

 

3°) Le sexe pré- et extra-marital sous le nazisme :

             En réalité, loin de promouvoir la chasteté, nombreux furent les dignitaires nazis qui encouragèrent le sexe hors mariage, avant comme après. Ceci est généralement bien admis pour la période de la 2nde Guerre Mondiale, mais demeure encore un débat parmi les historiens, surtout anglo-saxons (bizarrement pas francophones, y-aurait-il des interdits idéologiques dans notre bel hexagone ?), afin de savoir si ce libéralisme sexuel était déjà en vigueur pendant les premières années du régime qui précédèrent la guerre.

Car contrairement à une idée reçue qui voudrait que les régimes d’extrême-droite fascisante interdissent les relations sexuelles entre jeunes femmes et jeunes hommes non-mariés, le national-socialisme allemand professa à cet égard une position beaucoup plus conciliante que ses voisins alliés comme communistes. La Bund Deutscher Mädel (Groupe des Jeunes Filles Allemandes) reçut des directives incitant les jeunes filles à s’engager dans des relations amoureuses prémaritales dès 1934, même si cela devait demeurer « top secret ». Cependant, l’année suivante, en 1935, il n’en était plus de même, du moins dans un nombre non négligeables d’associations affiliées. Beaucoup de parents étaient dévastés par ce qu’il se passait dans les associations qui entouraient la jeunesse, et éprouvaient beaucoup de réticences à y inscrire leurs enfants. S’il existait évidemment toujours, et ce, jusqu’à la fin du régime, un discours qui insistait sur la pureté virginale et la nécessité de la conserver jusqu’au mariage, les Jeunesses Hitlériennes comme la BDM étaient la cible de moqueries grandissantes en raison de leurs mœurs dissolues, fait connu même au-delà des frontières. En 1936, près de 900 jeunes filles revinrent enceintes lors des Journées annuelles du Parti Nazi. Les hôpitaux étaient même surchargés de filles âgées tout juste de quinze ans enceintes ou ayant contracté des maladies vénériennes. En 1937, le Parti Socio-Démocrate en exil rapportait que dans les Jeunesses Hitlériennes « la promiscuité [sexuelle] était une situation concrètement acceptée »11. En 1940, tous les pays impliqués dans le conflit armé le savaient et l’Allemagne Nazie ne s’en cachait même plus. Cette année parut d’ailleurs un livre d’Herbert Marcuse qui rendit compte de cette situation : le régime nazi « avait encouragé les relations extra-conjugales entre les sexes, introduit une nouvelle culture de la nudité dans l’art et le divertissement et dissout les fonctions protectrices et éducatives de la famille »12. Il note tout de même que cette révolution sexuelle comportait une limite, liée principalement à l’expansion natale de la race aryenne.

Ce nombre grandissant de rapports prémaritaux suscita de l’indignation du côté des conservateurs comme Ferdinand Hoffmann qui déplora que « un jeune homme qui n’a pas de petite amie est a priori un idiot, une jeune fille sans petit ami est une ‘Gretchen-qui-reste-à-la-maison’»13. Même s’il en existe encore, comme Bernard Plouvier, pour voir dans les ébats amoureux entre les groupes d’adolescents des deux sexes des fictions, les rapports médicaux disent tout autre chose. Il suffit en effet de lire une étude de 1936 du médecin Walter Gmelin. On y découvrait que seules 5% des femmes interrogées étaient arrivées vierges au mariage. Loin de s’en alarmer, l’auteur, même s’il déplorait que beaucoup de jeunes gens avaient eu plus d’un partenaire sexuel avant le mariage, y voyait là quelque chose de positif, « une saine réaction contre les inhibitions sociales des prêcheurs de morale », et s’enthousiasmait du fait que « les gens arrivés à l’âge de la maturité sexuelle satisf[assent] leurs pulsions sexuelles naturelles »14.  La plupart des interrogé(e)s avaient commencé leur vie sexuelle à la fin de l’adolescence, approximativement sept ans avant de se marier. Selon lui, celles et ceux qui étaient restés vierges n’avaient pas des qualités héréditaires supérieures à la moyenne. L’idée de rester chaste jusqu’au mariage ne possédait donc plus aucune validité. Pour paraphraser la remarque d’un Jésuite sur un peuple allié des Nazis15, les femmes allemandes de l’époque ne faisaient aucun cas de la pureté virginale et la perdre ni ne les déshonorait ni ne les empêchait de se marier.

Mais il n’y a pas que les relations sexuelles prémaritales que les Nazis défendaient. La sexualité extra-conjugale, ou infidélité,  était également promue. En 1936, le juriste Rudolf Bechert n’hésita pas à déclarer : « Les liens non-conjugaux sont à bien des égards supérieurs au mariage. Ce n’est pas seulement l’expérience de la vie qui prouve que les connections non-conjugales enracinées dans  l’amour sexuel sont un fait immuable, en fait toute la culture humaine nous enseigne qu’ils représentent la plus haute valeur morale et esthétique. Sans amour sexuel pas de poésie, pas de peinture, et en effet, pas de musique ! Dans toutes les nations civilisées, le concubinage n’est pas pénalisé, avec l’Italie dévote en tête de liste… Nulle part les relations sexuelles non-conjugales ne peuvent être empêchées »16. Avant de conclure : « L’amour est la seule véritable expérience religieuse dans le monde ». Le national-socialisme n’attachait aucune valeur aux « interdits » édictés par la civilisation judéo-chrétienne, et qui emprisonnaient la pratique de l’amour physique dans le seul cadre du mariage, sans que l’on puisse y prendre quelque plaisir, car c’était « pécher » que de rechercher d’agréables sensations. Les vertus bourgeoises n’étaient décidément guère prisées par les Nazis, et Hitler les jugeaient bonnes pour les « vieilles commères réactionnaires » dont il n’avait que faire. L’idéologie nazie violait en effet le 9ème Commandement Biblique « L’œuvre de chair tu ne désireras, qu’en mariage seulement » mais aussi les recommandations de Saint-Paul :

« Quant aux points sur lesquels vous m’avez écrit, je vous répondrais qu’il est bon pour l’homme de s’abstenir de la femme. Toutefois, en raison des impudicités, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari » (Epitre aux Corinthiens, VII, 1-2). Et pour le plus grand bonheur de ses dirigeants.

Si la reproduction était évidemment en jeu, le plaisir sexuel pur jouait un rôle non-négligeable. De nombreux dignitaires nazis, dont Hitler et Himmler, jugeaient inconcevable de flétrir les filles-mères qui apportaient des enfants à l’Allemagne, fussent-ils nés hors des liens du mariage. En raison de cet afflux de jeunes mères non-mariées, le régime voulut éliminer le stigmate associé aux enfants illégitimes et aux mères célibataires. La fille-mère qui avait procréé était ainsi mieux considérée que la femme mariée qui refusait de le faire par plaisir égoïste. La sexualité, pour le plaisir et la reproduction ne fut nullement déconsidérée, bien au contraire, le docteur Alfred Zeplin (qui possédait un plan en cinq points pour légaliser le sexe avant le mariage) déclara : « L’activité sexuelle n’est pas un péché, elle est sacrée »17. Fût-elle hors des liens sacrés du mariage.

 

4°) L’éloge de l’amour humain :

             Si les Nazis ont fermement défendu la sexualité pré et extra-conjugale, ils ont également célébré avec enthousiasme l’amour au sein du couple marié. Si beaucoup d’Allemands n’étaient pas près de renoncer à la morale traditionnelle qui recommandait l’abstinence jusqu’au mariage et la fidélité à son époux(se), l’écrasante majorité d’entre eux approuvaient en revanche la célébration de l’amour conjugal, et même de l’amour tout court.

Opposés à l’amour chrétien ou agapè, les nazis lui préféraient Eros. Beaucoup de contemporains l’avaient remarqué : en Allemagne de cette époque « les bases érotiques du mariage » « avaient été poussées au premier plan »18. L’amour humain était alors sacralisé, ce qui, selon Dagmar Herzog avait contribué à séculariser davantage la société allemande. Le psychothérapeute Hans von Hettingberg l’avait exprimé de manière éloquente : « Après la destruction d’une grande partie de la foi [chrétienne], la foi dans l’amour est pour un grand nombre de personne la seule foi à laquelle elles s’accrochent encore »19. Cet amour ne s’arrêtait pas au sentiment, la sexualité et le plaisir mutuel au sein du couple étaient également pris en compte. Le professeur Johannes Schultz, auteur du livre Geschlecht-Liebe-Ehe (Sexe Amour Mariage), avalisé par le régime voyait dans le rapport sexuel quelque chose de sacré et dans un mariage qui durait longtemps « une terre sainte ». Le contenu du livre était très moderne : Schultz y déculpabilisait la masturbation et la considérait comme une phase normale du développement sexuel des adolescent.e.s, mettait l’accent sur l’importance de l’éducation sexuelle des jeunes filles, trop souvent négligée, préférait une éducation parentale basée sur l’affection (ce qui détruit au passage l’image d’une éducation nazie froide où parents et enfants sont étrangers les uns aux autres) et montrait que le désir sexuel chez la femme n’avait rien d’aberrant ni de choquant. Pour lui « une femme mature, avec un corps normal, des organes qui fonctionnent bien, et un développement approprié est parfaitement et pleinement capable d’amour »20. Il déclara même : « L’amour est… le plus beau don que cette vie peut donner ! »21. Le journal de la SS Das Schwarze Korps abondait dans ce sens et qualifiait l’amour romantique de « plus haut accomplissement de la vie dans ce monde ».

Evidemment cet amour chevaleresque ne devait exister qu’entre purs Aryens Germaniques mais ce serait une erreur que de le réduire à des considérations purement biologiques et racialistes comme le font encore beaucoup de commentateurs et d’historiens, de gauche comme de droite, désireux d’entretenir le mythe du IIIème Reich puritain où les relations mari-épouse auraient été purement « utilitaires ». Cette vision faussée est cette fois davantage le fait de la droite, qui souhaite porter ainsi au pinacle le mariage chrétien, d’amour, par opposition à l’aspect sexuel, animal, subordonné à l’Etat, du mariage nazi. Les chrétiens qui s’offusquaient de voir les jeunes gens encouragés à se choisir un-e partenaire pour sa beauté, son athlétisme et même son sex-appeal réitéraient le dualisme de leur religion qui ne pouvait concevoir une union harmonieuse de l’amour/ sentiment et de la sexualité/plaisir. La nudité triomphante exaltée par le Nazisme paraissait obscène tant aux Catholiques qu’aux Protestants, sans parler de la sexualité hors mariage, contraire à tous les enseignements de l’Eglise. Celle-ci attaquait la tendance du nazisme au paganisme, « romantique, idéaliste » qui recherchait le divin dans « le langage des fleurs », et l’idéologie officielle lui rendait la pareille en la décrivant comme une religion déprimante, hostile à l’affirmation de la vie sur un mode nietzschéen.

L’éloge de l’amour humain fut également présent dans les œuvres d’écrivains ouvertement proches du nazisme, y compris en France. Ce fut le cas de Lucien Rebatet qui fit des choix de vie bien précis « nietzschéen, wagnérien, antisémite, anticlérical, connaissant pas le menu le folklore national-socialiste ». La connaissance de la célébration de l’amour et de la sexualité par l’idéologie du régime avec lequel il collabore activement jette une nouvelle lumière sur son livre Les Deux Etendards, conçu par son auteur même comme «machine de guerre contre le christianisme ». Son alter-égo Michel Croz, amoureux d’Anne-Marie Villars, jeune fille catholique qui s’apprête à rentrer au couvent, essaie de se convertir au christianisme, mais échoue, et professe par la suite une philosophie nietzschéenne radicalement anti-chrétienne. Pour Rebatet/Michel, comme pour les nazis, le christianisme est une religion ignoble, incompatible avec l’amour, l’art et la nature. Les Deux Etendards est un roman d’amour fou, d’amour impossible qui fait écho au Tristan et Isolde de Wagner, inspiré par la légende celte bien connue, laquelle possède un équivalent perse en Wis et Ramin. Elle est donc indo-européenne, même aryenne (Perse = Iran = Airyan, « pays des Aryens » ; Irlande = Eira-land, même signification).

Cette célébration de l’amour humain peut être lu comme un contre-pied à la très abhorrée tradition hébraïque, ou judéo-chrétienne. Laurent Guyénot a démontré que le yahvisme des Hébreux s’oppose aux religions environnantes de la Grèce, de l’Inde, de l’Egypte et du Moyen-Orient mésopotamien et perse dans son ignorance du pouvoir de l’amour. Selon lui, le judaïsme réduit la sexualité à une fonction organique et la relation maritale est totalement absorbée dans le social, le procréatif. D’où peut donc venir cet éloge de l’amour conjugal, étranger également à l’austère luthéranisme ? Peut-être des sources aryennes au sens le plus littéral.

  

5°) Les textes des Aryens :

             L’historienne Dagmar Herzog montre comment les Nazis pro-sexe, eurent pour objectif de « détacher les poussées émancipatoires du « Marxisme » et de la « Judéité », et de redéfinir la libération sexuelle comme une prérogative « Germanique », « Aryenne ». »22. Cependant, elle ne s’intéresse pas en profondeur au processus de ré-aryanisation de la liberté sexuelle, comme si les nazis avaient indo-européanisé celle-ci d’un coup de baguette magique. De nombreux dignitaires nazis, s’adonnaient à l’ésotérisme païen nord-germanique, notamment via la Société de Thulé. Mais comme le rappelle Jean Mabire, il ne s’agit pas de leur seule référence. Il mentionne aussi les Hindous et les Persans. On peut naturellement y ajouter les Grecs Spartiates, mais aussi les Celtes, au vu de l’amour porté pour ce légendaire par beaucoup de Nazis via la légende de Tristan et Iseult et considérés également comme un prototype (avec les Norrois) des Hyperboréens. Les textes fondateurs de ces peuples indo-européens nous aideront à mieux comprendre comment l’aryanisation a pu être possible.

Le symbolisme du nazisme, à travers la croix gammée, exalte l’union des sexes sur un mode mystique. Ce symbole indo-européen, qui remonte à la protohistoire de ces peuples, a une signification bien particulière qui n’a pas échappé même à Wilhem Reich (qui ne se rend pas compte, au passage, qu’il auto-détruit sa thèse sur la répression sexuelle) : « La croix gammée est souvent associée à un losange, la première représentant le principe masculin, le second le principe féminin »23. Il décrit plusieurs swastikas, dont une en Allemagne dans une église Maria zur Wiese à Söst, assortie d’une volve et d’une croix à double croisillon, et où on retrouve la même symbolique, personnifiée par un ciel orageux et une terre fertile. Il cite aussi une croix gammée découverte, sur la mitre de Saint-Thomas, accompagnée d’une étrange inscription : « Salut à toi, Terre, Mère des hommes, croîs dans l’étreinte de Dieu, comblée de fruits pour l’utilité des hommes ! ». La tonalité nettement païenne de ce texte transforme la Terre en épouse de Dieu, à l’image de la Spandarmat (Spenta-Armaïti-Zamyat) épouse d’Ahura Mazda dans la mythologie perse. En Inde, on utilise le terme Swastika pour désigner le coq comme le libertin. La croix gammée présente également sur les publications de la Société Thulé figurait l’union sexuelle de Wotan avec Ostara (d’où l’œstrogène, hormone du désir féminin). Selon Reich, la signification sexuelle cachée de la croix gammée non seulement finissait par être découverte tôt ou tard, mais elle exerçait une attraction très forte sur les adhérents à l’idéologie fasciste. L’utilisation de ce symbole érotique en dit long sur la conception positive du sexe du national-socialisme occultée par l’auteur qui maintient mordicus l’idée d’une frustration sexuelle massive sous le régime fascisme allemand, alors que cela aurait dû l’alerter et le pousser à réviser ses théories. C’est pourtant ici que débute l’aryanisation de la sexualité, motivée aussi par une connaissance occulte des textes sacrés.

Pour ce qui est de la sexualité extra-maritale, les peuples indo-européens offrent de nombreux exemples. Le modèle principal du national-socialisme, la cité de Sparte, eugéniste, militariste, par opposition à une Athènes décadente engluée dans des débats philosophiques interminables, est idéal pour fournir matière à justification. Euripide met cette phrase dans la bouche du vieux Pélée dans son Andromaque : « Une jeune fille, même si elle le voulait ne saurait rester chaste à Sparte ». En effet, comment ces « montreuses de cuisses » qui osent s’entraîner dénudées avec les garçons à tout type de sport, le pourraient-elles ! La fidélité conjugale ne semble pas avoir été en vigueur à Sparte puisqu’une femme pouvait avoir un enfant d’un autre homme que son mari, notamment lorsque celui-ci était trop vieux pour enfanter ou stérile. L’adultère n’y était pas puni, contrairement à Athènes où la contrevenante s’exposait à l’exclusion du culte public. Pour les Spartiates, tous les enfants étaient légitimes. Ceci se retrouvait également chez les Vikings du IXème siècle, si l’on en croit l’ambassadeur arabe Al Ghazal, qui fut surpris de voir que les femmes danoises pouvaient avoir des relations sexuelles avec qui elles désiraient sans crainte de honte ou de châtiment, tant que leur partenaire masculin n’avait pas un statut social éloigné du leur. La reine du Danemark de l’époque n’hésita pas à lui répondre quand il s’inquiétait de voir qu’elle lui parlait ouvertement et qu’il craignait l’attaque de la part des hommes : « Nous n’avons pas ce genre de choses [la répression sexuelle] dans nos coutumes et nous ne connaissons pas la jalousie »24. Selon Jill M.Forster, « Il ne semble pas y avoir eu de stigmate à l’encontre des femmes qui avait été actives sexuellement avant le mariage »25 dans l’Islande ancienne. Chez les Celtes aussi on n’accordait que peu d’importance à la virginité de la mariée puisque le Cowyll (prix de virginité) était versé avant la nuit de noces. « Le droit irlandais ne s’occupe pas de la virginité de ses filles »26, comme le fait remarquer le Pr Raimund Karl. Une femme vierge pour les Celtes était tout simplement une femme célibataire ou non mariée. L’Inde ancienne, dite Védique, permettait également aux femmes mariées, tout comme aux jeunes filles, de participer aux Samanas, aux côtés de jeunes gens : « Des épouses et des jeunes filles se parent de vêtements aux couleurs gaies et s’en vont joyeusement à la fête, les jeunes hommes et les jeunes filles se pressent dans la prairie quand la forêt et les champs sont recouverts d’un frais feuillage vert et se lancent dans la danse » (Rig-Véda)27. Ce verset est lourdement évocateur de certaines réalités dissimulées du IIIème Reich. Du côté des Perses, on retrouve une telle liberté dans le personnage de Chahrou, noble dame parthe mère de Wis, et génitrice de trente enfants de trente pères différents (!), sans oublier la mention des mœurs libres des habitants de Mâhâbâd à savoir les Mèdes (Kurdes), autre peuple iranophone28.

Pour ce qui est de la sexualité maritale, si les données sur les Spartiates ou les peuples barbares sont presque inexistantes vu l’oralité de leurs traditions, nous sommes en revanche bien renseignés sur l’art érotique, y compris dans le cadre conjugal, des Indo-Aryens et dans une moindre mesure, des Perses. Dans les textes indiens les plus anciens, l’acte sexuel est comparé à un rituel védique, la position amoureuse privilégiée, celle de l’homme sur la femme, imite le Ciel qui recouvre la Terre et la féconde : « Alors il lui écarte les cuisses : « Que le Ciel et la Terre s’écartent ! » S’unissant à elle, appliquant sa bouche sur la sienne, trois fois il la caresse dans le sens des poils29 » (Brihad-âranyaka-upanishad VI.4, 24). On trouve de nombreux paragraphes du même type, qui se succèdent avec des réflexions métaphysiques sur l’être et le non-être, sans que cela ne paraisse choquant. L’amour humain, et dès les origines, dans la religion des Aryens, est célébré, désiré par les hommes comme par les femmes. L’Atharva Véda contient de nombreuses formules de philtres d’amour, d’envoûtements, de talismans pour trouver un époux, une femme, écarter une rivale, conserver l’amour, etc. Mais l’érotique ne se limite pas aux êtres humains, c’est l’univers entier qui est convié à des noces cosmiques, ce qui explique pourquoi au cours de la cérémonie du mariage védique, l’union des époux est comparé à celle entre le dieu de la Lune, Sôma, et la déesse du Soleil, Sûrya30. Cette comparaison provient des Stances de la Connaissance  dans le Rig-Véda (X.85), lequel contient des strophes plus crues encore :

« Excite-la, ô Bienheureux, cette épouse charmante

En laquelle les hommes déposent la semence.

Fais en sorte qu’elle écarte les cuisses, désireuse,

Pour que nous, désireux, introduisions en elle le membre »

(Rigveda-Samhitâ, X 85.37)

L’érotisme a donc parfaitement sa place dans la religion védique aryenne mais pas toute la place et c’est cela qui justement fait la différence avec notre société d’aujourd’hui et son sexualisme glauque, inversion maladive du puritanisme d’antan. Les autres peuples nommés Aryens, les Perses, n’y vont pas de main morte non plus, puisque leur livre sacré, l’Avesta, prescrit à l’homme de toujours garder le contact charnel avec son épouse, à l’exception des périodes d’impuretés (menstruations, grossesse, accouchement, allaitement, où le contrevenant s’expose à de lourdes peines), et aucune limite n’est prescrite, mais le minimum idéal est de trois fois par mois (V, 18), et un autre texte iranien le Bundahišn, fait même l’éloge du plaisir sexuel féminin :

« Ainsi parla Ohrmazd [Ahura Mazda en Pehlevi] quand il créa la femme : « Tu es ma création, toi dont les antagonistes sont la race des mauvaises personnes, par moi tu as reçu un orifice près de l’anus avec lequel tu ressens les plaisirs de la chair comme tu manges les mets les plus raffinés par ta bouche » (XIVa:1).

Cependant ne nous y trompons pas. La sexualité chez les Aryens n’est en rien débridée, elle est avant tout conjugale et tournée vers la procréation, ce qui est aussi le cas pour le national-socialisme. Toutefois, ces références qui abordent la sexualité sans fard aident à comprendre la plus grande ouverture en matière de sexualité sous le IIIème Reich que dans l’après-guerre et a fortiori sous Adenauer. Selon Dagmar Herzog, il était plus facile de parler du moyen d’améliorer l’orgasme féminin sous Hitler que dans l’Allemagne conservatrice des années 50.

Et donc, face aux  accusations de puritanisme lancées par les adversaires tant de gauche que de droite contre le national-socialisme allemand, on doit poser la question : qui sont vraiment les  puritains ? Peut-être l’URSS de Staline, l’Angleterre encore très victorienne, l’Amérique notoirement puritaine de l’époque (voir le Code Hays), l’Espagne franquiste. Mais certainement pas l’Allemagne Nazie qui exalte et glorifie la nudité et la sexualité ! Du côté de la gauche, cette accusation se comprend aisément, vu que cette dernière s’arroge le droit de représenter le progrès, et se garde jalousement le monopole de la libération tous azimuts. Une telle révélation a de quoi la faire vaciller, en particulier une de ses prémisses, puisque cela prouve que la libération sexuelle ne s’accorde pas nécessairement avec un projet d’émancipation sociale. Il est en revanche plus étonnant de voir la droite y souscrire, même chrétienne, alors que sa frange la plus conservatrice aurait au contraire tout à gagner d’associer la liberté sexuelle hors mariage avec les « zeurléplusombres ». En réalité, si elle y adhère, c’est tout simplement, outre pour des raisons de confort intellectuel, parce qu’elle sait très bien qu’une hétérosexualité épanouie doublée d’un rapport apaisé à la gente féminine ainsi qu’une promiscuité tolérée avec le sexe opposé pour les garçons (jeunes filles ordinaires ou filles de joie) tend à réduire drastiquement la pratique effective de l’homosexualité occasionnelle. N’est-ce pas terrible à admettre, pour un catholique traditionaliste ou un protestant fondamentaliste que dans des pays très religieux de la même époque, les jeunes gens aient pu, à l’intérieur des pensionnats religieux, davantage s’adonner aux amours sodomites que les Jeunesses Hitlériennes de l’Allemagne Nazie païenne ? Et c’est justement cela, que certains puceaux du réel (ils se reconnaîtront), catholiques par posture et n’appliquant pas une seule seconde leur morale (surtout quand on sort avec une pagano-sataniste bisexuelle adepte du BDSM), ne veulent pas admettre. Au final, droite et gauche se rejoignent dans la même impasse, celle de la négation de la vérité historique, car seule l’idéologie compte pour leurs partisans, même si elle entre en conflit avec les faits réels du passé.

Artémise Ière, archéo-féministe nationaliste


Notes :

1.Psychologie de masse du fascisme, p 13-14

  1. Ibid, p 14.

3.Ibid, p 17.

  1. Cité dans Dagmar Herzog,
  2. Ibid
  3. German History from the Margins, “How jewish is german sexuality?”, Dagmar Herzog, p 185.
  4. Le nazisme et l’Antiquité.
  5. Cité dans Dagmar Herzog, Sexuality and German Fascism, ch 1, p 9.
  6. Mon Combat.
  7. Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis par Martin Bormann.
  8. Dagmar Herzog, Sex after Fascism, ch 1 « Sex and the THird Reich », p 29.
  9. Herbert Marcuse Technology, War and Fascism, p 84.
  10. Cité dans Jonathan Petropoulos, John K. Roth, Gray Zones: Ambiguity and Compromise in the Holocaust and Aftermath; Dagmar Herzog, “Pleasure and evil”, p 151.

14.Sexuality and German Fascism, ch 1, p 7.

  1. Les Japonais décrits par Luis Frois.
  2. Sex after Fascism, p 29-30.
  3. Sexuality and German Fascism, p 11.
  4. Sex after Fascism, p 31.
  5. Ibid, p 30.
  6. Ibid, p 32.
  7. Ibid, p 33.
  8. Voir 6.
  9. Reich, Opus cité, Ch IV “Le symbolisme de la croix gammée”, p 105.
  10. http://www.renegadetribune.com/high-culture-germanic-peoples/
  11. Jill M. Forster, “If She Says Yes or Is Silent: A New Interpretation of Female Marital Consent in the Settlement Period in Iceland as Revealed Through the Family Sagas”, Master of Arts, p 25.
  12. Cité dans Sylvie Verchère Merle, La Femme dans la société celtique, p 148.
  13. http://creative.sulekha.com/rig-veda-position-of-women-2-2_306106_blog
  14. Dans le roman de Gorgani, Wis et Ramin, Maubad reproche à Chahrhou de garder sa fille Wis à Mâhâbâd, la capitale du royaume Mède, parce que là-bas : « Tous sont jouisseurs, jeunes et vieux, ils s’y adonnent tous à l’amour de la femme, les jeunes plus encore, sont amateurs de femmes, et pour les conquérir sont fertiles en ruses ; sans cesse, à les séduire ils mettent leur talent, et ils n’ont en esprit que beauté féminine » (Henri Massé, p.42).
  15. Les poils pubiens sont très souvent évoqués dans la mention de l’union sexuelle de l’homme et de la femme, preuve que la partenaire idéale n’était pas une impubère, mais une femme mature. A l’époque védique le mariage avait lieu après la puberté, généralement à 16 ans. On peut comparer ce texte à celui du Talmud « Rab commente le verset suivant : « Ta renommée s’est répandue dans les nations quant à ta beauté (Ezéchiel, 16.14) : la beauté, n’est-ce point les filles d’Israel qui n’ont ni poils au pubis ni aux aisselles ? » (Sanhédrin 21a) Sans oublier l’âge du mariage, à diviser par 5 par rapport à celui de la femme indo-aryenne védique : « Une prosélyte peut être acquise par coït à l’âge de trois ans et un jour » (Yébamoth 69a).
  16. Chez les Anciens Germains, on retrouve également une lune masculine, Mani, et un soleil féminin, Sonna.