Quelle est la dernière période musicale où les européens ethniques s’illustraient seuls, sur le devant de la scène ?

Les années 80. On s’en est beaucoup moqué, mais il n’y avait pas que du mauvais là-dedans.

Ramené petit à petit sur le devant de la scène par les Internets, la Synthwave est un mouvement musical électro né dans les années 2000 et s’inspirant de TOUT ce qui s’est fait (et je dis bien tout) dans les années 80. On est devant une sorte de mémorial de la décennie 80­/90.
Mais la synthwave est multiple. Certains de ses artistes comme Carpenter Brut [lire notre interview de C.P.] s’inspirent des images et des sons de leur enfance. D’autres, comme VHS Head, utilisent des vieilles tapes des années 70 pour sampler.

La synthwave se veut être une cassure, une parodie assumée des images d’une société de baby­ boomers aux relents de Trente­ Glorieuses. Un gros détournement affectueux en quelque sorte, avec dans l’ordre chaotique des choses :

– des lasers,
– des coupes extravagantes,
– des pantalons en vynil,
– Jean ­Michel Jarre (Oxygen pour les intimes),
– des synthés,
– des voitures / motos,
– du Cyberpunk (Johnny Mnemonic, Neuromancer),
– David Hasselhoff,
– toute une culture cinématographique de l’ère Reagan (les suites de Rambo et Rocky, les œuvres des maîtres Chuck Norris, Dolph Lundgren, etc.), du cinéma Z de partout (horror / action movies américains, cinéma d’horreur italien, cinéma hongkongais, etc.), du Giallo, des films de science­-fiction et d’anticipation (Terminator, Alien, Blade Runner, Predator, Invasion Los Angeles, Tron, etc.).

Le tout se veut futuriste, d’où le terme de « rétro­ futur » que l’on peut entendre un peu partout quand tu parles de l’engin.
Un fourre-­tout certes, mais un bon. Le style s’invite d’ailleurs dans pas mal de jeux vidéo comme Far Cry 3 : Blood Dragon ou Hotline Miami I & II. Le jeux­ vidéo est d’ailleurs clairement aujourd’hui une source d’inspiration pour les artistes de Synthwave, on ne compte plus les intégrations de sons 8­bit/16­bit dans les pistes.

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