Trump, le Mur et le Camp des Saints

Auteur de l’article : Romain d’Aspremont.

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Ce tweet, qui a tant indigné l’univers gauchiste, illustre une des solutions à mettre en œuvre pour que la droite remporte la bataille culturelle et morale : remplacer les valeurs chrétiennes par des valeurs vitalistes (qui élèvent la vie) et aristocratiques.

Trump présente le visage de la future barrière frontalière (le fameux « Mur ») en zoomant sur ses pics en acier : elle serait « tout aussi belle qu’efficace ». Or l’efficacité et l’esthétique sont d’authentiques valeurs de droite, ici assumées sans mauvaise conscience.

En proclamant la supériorité morale des valeurs de droite, dans le contexte d’un dispositif défensif digne du Limes romain, Trump permet aux droitistes encore timorés de se désinhiber : la seule morale qui vaille, c’est celle qui protège et élève la vie, et non pas celle qui la livre, épuisée et maladive, à l’Autre.

Un camp romain sur le Limes

Bien entendu, cette initiative du Président américain ne participe, hélas, à aucun plan d’ensemble visant à conquérir l’ascendant moral. Or, sans une transmutation des valeurs chrétiennes, la droite se limitera à lutter, avec une main dans le dos, contre les conséquences de la politique gauchiste (l’immigration), plutôt que contre ses causes (la morale chrétienne).

Si les gauchistes éprouvent tant de facilité à mettre en œuvre leur politique hostilâtre (amour des ennemis) et remplaciste, c’est bien parce que nos sociétés sont imprégnées par deux millénaires de christianisme. Certes, le christianisme sur-militarisé des croisades correspondait à une synthèse, réussie, entre les valeurs de gauche et les valeurs de droite, mais ce christianisme là n’est plus : depuis 1945, cette religion a suivi le mouvement sociétal en opérant un retour aux origines, c’est à dire au christianisme de l’amour des ennemis, de la pitié et de la haine de soi.

C’est au sein de ce logiciel, hautement maladif, que la droite évolue ; il n’est dès lors pas surprenant que l’homme de droite anti-immigrationniste doute de sa moralité et n’en appelle, au mieux, qu’au « bon sens » populaire. Or que pèse le bon sens face au Bien ?

La droite vitaliste et aristocratique : voilà le véritable « Camp des Saints ».

Remarque : si une part de vous-même a éprouvé de la surprise quant au caractère moral de ce tweet, c’est que vous restez soumis au logiciel chrétien originel. Nulle honte à avoir : c’est hélas le lot de la quasi-intégralité des hommes de droite.

 

Auteur de l’article : Romain d’Aspremont.

 

 

Romain d’Aspremont est l’auteur d’un essai remarquable « Penser l’Homme nouveau: Pourquoi la droite perd la bataille des idées » disponible sur Amazon :

Il y a deux mois, Daniel Conversano et Joffrey Marrot se sont entretenus avec lui sur Fréquence Occident :