DĂ©couverte dans le pergĂ©lisol, cette glace qui ne dĂ©gĂšle jamais, la tĂȘte de cet animal prĂ©historique un brin effrayant est dans un Ă©tat de conservation remarquable.

C’est Pavel Efimov, un habitant de Yakoutie qui ne demandait rien Ă  personne, qui est tombĂ© dessus par hasard en se promenant sur les rives du fleuve Tiekthtyak, raconte le Siberian Times. TombĂ© sur quoi ? Sur la tĂȘte, pas la sienne, mais celle d’un Ă©trange animal, Ă  mi-chemin entre le loup, le sanglier et le mammouth.

ConfiĂ©e Ă  une Ă©quipe de chercheurs japonais, l’identification du propriĂ©taire de cette tĂȘte va ĂȘtre facilitĂ©e par l’incroyable Ă©tat de sa conservation : crocs, pelage, tissus du cerveau, tout y est ! Le rĂ©sultat n’en est pas moins fascinant : il s’agit en effet d’un loup prĂ©historique vieux de
 40 000 ans.

AppelĂ© loup du PlĂ©istocĂšne, du nom de son Ă©poque gĂ©ologique, au dĂ©but du Quaternaire, cet animal Ă©tait sensiblement plus grand que les loups d’aujourd’hui, et pouvait atteindre jusqu’à 1,6 mĂštre de longueur. InterrogĂ© par le quotidien russe, le palĂ©ontologue Albert Protopopov assure que la dĂ©couverte d’un tel vestige « avec des tissus prĂ©servĂ©s » est une premiĂšre.

Comment cette tĂȘte a-t-elle tenu tĂȘte aux alĂ©as du temps ? Elle s’est retrouvĂ©e prise au piĂšge du pergĂ©lisol (plus connu sous son petit nom anglais, le permafrost), cette couche de glace permanente et impermĂ©able qu’on trouve dans les rĂ©gions arctiques. Ce loup a Ă©tĂ© rendu Ă  l’air libre par la fonte de cette couche de glace, un phĂ©nomĂšne en pleine accĂ©lĂ©ration qui inquiĂšte largement la communautĂ© scientifique : le pergĂ©lisol n’abrite en effet pas que des restes d’animaux, mais aussi des milliards de tonnes de gaz Ă  effet de serre et de nombreux virus oubliĂ©s.

Source : Le Parisien