Accusé par le CCIF d’incitation à la haine, à la discrimination et à la violence envers les musulmans, Sébastien Jallamion a gagné son procès. L’avocate du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) s’est ridiculisée et Sébastien Jallamion a été relaxé hier en fin de journée.

Voici le tweet qui lui a valu une plainte. Tenez-vous bien :

Ancien brigadier-chef, Sébastien Jallamion a été révoqué de la Police Nationale en 2016 pour avoir posté sur un compte Facebook anonyme des publications pas assez conformes au Vivre-ensemble™. Il a publié un livre (disponible ici) dans lequel il relate sa mise à mort sociale, il a créé l’ANDELE, association de défense de la liberté d’expression, et il est membre du Conseil National de la Résistance Européenne (CNRE) fondé par Renaud Camus et Karim Ouchikh.

Sébastien Jallamion a publié hier le récit de son procès :

Se présentant comme défendant les « droits de l’Homme » et niant toute connivence avec les Frères Musulmans, l’avocate du CCIF, Me Asmae El Idrissi, s’est lancée dans une plaidoirie plus proche du gloubi-boulga que de l’argumentaire juridique, et que l’on pourrait résumer ainsi : Sébastien Jallamion n’aime pas l’islam, donc il n’aime pas les musulmans, donc il doit être puni.

A l’appui de ses affirmations : le fait que je suis un militant de Riposte Laïque, un site « d’extrême droite », que j’ai ouvertement critiqué le CCIF, que je dénonce l’islam, ayant par ailleurs fait l’apologie du sandwich au jambon en période de ramadan (sic), j’en passe et des meilleures…

Cet argumentaire m’aurait sûrement valu une condamnation à la peine capitale devant un tribunal islamique. Seulement voilà : nous étions devant une juridiction de jugement appliquant les Lois de la République.

Lorsque je fus appelé à la barre pour me justifier du délit qui m’était reproché, et dire pourquoi j’assumais chacun de mes propos, on me demanda de m’expliquer sur ce qui semblait être le seul vocable qui interpellait réellement les magistrats : « Résistance ».

« Qu’entendez-vous par là ? » me demanda le président. « Ne pas subir » répondis-je.

J’expliquais le chantage à l’islamophobie, ce piège qui nous était tendu pour interdire toute critique de l’islam. Je citais le cas des nombreux justiciables poursuivis suite à des signalements du CCIF, à tel point que l’on pouvait parler de « djihad judiciaire ». Je rappelais le contexte inquiétant de censure qui s’installait en France, et qu’il y avait à mes yeux pire que la censure : l’auto-censure, car elle implique un renoncement, une soumission, et que ma condamnation ne pourrait que la nourrir, en faisant de mon cas un exemple à ne pas suivre. Ne pas subir…

La parole fut donnée au Ministère Public, ayant décidé de me poursuivre, et la substitut du Procureur se leva pour commencer son réquisitoire.

Elle se mit à lire sans grande conviction le document sur lequel avait été couchée à l’avance la peine qu’elle allait réclamer, et j’attendais de savoir à quelle hauteur elle se situerait.

Au bout de quelques phrases, la représentante du Ministère Public lança : « Mais je n’irai pas plus plus loin, car pour moi il n’y a aucune infraction », avant de se rasseoir.

Stupéfaction générale. Le Parquet venait de se désister !

Ce fut au tour de Me Versini de prendre la parole. Fidèle à sa réputation, sa plaidoirie tira les débats vers le haut. Nous étions enfin dans un procès pénal, où les argumentaires juridiques prirent le pas sur les considérations religieuses. Résumant ses conclusions aux fins de relaxe, il remit le CCIF à sa place : oui, ils sont bien un organe des Frères Musulmans, et oui, nous avons le droit, en France, de critiquer les religions.

Comme les règles de procédure l’exigent, le président me demanda si j’avais autre chose à ajouter. J’avançais jusqu’à la barre pour conclure : « Je constate que l’adage selon lequel la plume est serve mais la parole est libre n’est pas tombé en désuétude. C’est aussi à mes yeux un acte de résistance. » C’était ma façon de saluer le courage de la procureur qui avait par son désistement considérablement fragilisé le dossier, fait rarissime au cours d’une audience.

Les débats étant clos, je devais maintenant attendre la décision, rendue le soir même.

Dans la salle des pas perdus, l’exaspération de l’avocate du CCIF était palpable. Se rapprochant de Me Versini, elle lui expliqua que si j’étais relaxé, elle ferait appel. Je m’approchais à mon tour pour lui demander si elle défendait le CCIF pour des raisons purement professionnelles ou personnelles. Elle me lança sèchement : « je suis une militante, et figurez-vous monsieur que je suis musulmane ! » Inutile de débattre. De toute façon elle ne pouvait pas rester, et Me Versini lui proposa de l’informer de la décision (nous sommes respectueux du principe du contradictoire).

Celle-ci fut prononcée en fin de journée : « Le tribunal correctionnel vous relaxe, reçoit la constitution de partie civile du CCIF, et le déboute de sa demande ».

Fin de partie.

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